La part des choses

mai 11th, 2017

Les objectifs sociaux et l’entreprise

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Du fait que les entreprises d’économie sociale ont des objectifs sociaux (incluant la lutte contre pauvreté, l’insertion économique des personnes éloignées du marché du travail, le développement socio- économique durable et local), et démontrent la capacité de générer des externalités positives et d’internaliser les coûts sociaux (qui autrement sont subis par l’État), le soutien à l’économie sociale requiert une implication financière importante de la part de l’État. Cette implication représente un 9 investissement dans le bien-être collectif qui relève de l’intérêt général. En Europe, et en France, cette justification n’était pas essentielle jusqu’à récemment. La prépondérance d’une nouvelle perspective associée aux politiques publiques mettant l’accent sur la capacité concurrentielle de ces entreprises et sur la commercialisation des entreprises sociales, risque de remettre en cause le soutien du secteur public à l’économie sociale, y compris dans les pays où une perspective plus large des entreprises sociales est bien ancrée. Cette vision homogène et plutôt anglo-américaine, axée sur les entreprises prises individuellement et sur les entrepreneurs individuels doit être, de ce point de vue, contrastée avec la vision plutôt européenne que l’on retrouve également en Amérique du Nord, au Québec, et dans plusieurs pays du Sud qui mettent l’accent sur le caractère collectif de l’économie sociale. Le côté plutôt positif de la reconnaissance de l’entreprise sociale comme acteur économique hybride est lié à l’impact de cette reconnaissance sur l’image des OBNL, qui trop souvent, sont associées exclusivement à l’action sociale ayant de ce fait un caractère marginal et distinct des coopératives, des mutuelles et des entreprises privées reconnues comme acteurs économiques. La notion d’entreprise sociale valide la contribution des OBNL à l’économie. Cette reconnaissance est bienvenue, entre autres, en opposition à une distinction souvent trop étroite entre économie sociale et économie solidaire où entre ancienne et nouvelle économie sociale. Quel que soit le concept retenu, il est nécessaire de souligner qu’il s’agit dans tous les cas d’entreprises collectives fondées sur des valeurs de solidarité et de démocratie contribuant à la fois au bien-être social et à la croissance économique. Tout en reconnaissant leur caractère commun, il faut éviter le danger opposé qui consiste à les homogénéiser et à effacer leurs multiples différences – qu’il s’agisse des biens et/où services qu’elles produisent, de la nature de leurs engagements sociaux et de leur capacité d’autonomie financière. Une telle homogénéisation domine le discours anglo-américain, qui ne fait pas de distinction entre différents types d’entreprises sociales. De ce fait, de nombreuses entreprises sociales recevant des financements publics courent le risque de les perdre et sont en danger de devoir se commercialiser pour survivre.








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